
Un demandeur d’emploi sans bac qui veut reprendre des études supérieures se heurte vite à une question concrète : qui paie la formation, et comment maintenir un revenu pendant les mois de préparation du DAEU ? La réponse passe par France Travail (ex-Pôle Emploi), mais le parcours administratif comporte plusieurs étapes où un dossier mal monté peut bloquer le financement.
Statut RNCP du DAEU : pourquoi France Travail finance plus facilement ce diplôme
France Travail oriente ses aides vers les formations certifiantes inscrites au Répertoire national des certifications professionnelles. Le DAEU, en tant que diplôme national inscrit au RNCP, entre directement dans cette catégorie prioritaire.
Concrètement, cela signifie qu’un conseiller France Travail validera plus facilement un DAEU qu’une simple remise à niveau non certifiante. Le diplôme débouche sur un accès à l’enseignement supérieur ou aux concours de la fonction publique exigeant le niveau bac, ce qui le rattache à un projet professionnel identifiable dans le PPAE (Projet personnalisé d’accès à l’emploi).
Pour que le dossier tienne, on doit pouvoir expliquer en quoi le DAEU s’inscrit dans un parcours vers un métier précis. Un projet du type « DAEU puis licence professionnelle dans tel secteur » a plus de poids qu’une demande vague de reprise d’études. Les retours varient sur ce point selon les agences, mais la cohérence entre le DAEU et le métier visé reste le premier critère d’acceptation.
Ceux qui souhaitent approfondir la question de la rémunération pendant la formation trouveront des repères utiles sur le financement du DAEU avec Pôle Emploi, notamment les montants et conditions d’indemnisation.
AIF et CPF pour le DAEU : ordre de mobilisation des aides

L’Aide individuelle à la formation (AIF) est le dispositif France Travail le plus utilisé pour financer les frais pédagogiques du DAEU. La règle opérationnelle est claire : on mobilise d’abord le CPF, puis l’AIF complète le reste à charge.
Si le solde CPF couvre la totalité du coût, l’AIF n’est pas mobilisable. En revanche, quand le CPF est insuffisant ou vide, l’AIF peut prendre en charge l’intégralité des frais pédagogiques. Cette aide est versée directement à l’université, pas au stagiaire.
Étapes concrètes pour monter le dossier AIF
- Vérifier son solde CPF sur moncompteformation.gouv.fr et identifier si le DAEU de l’université visée y figure.
- Obtenir un devis de l’université mentionnant le coût pédagogique exact, la durée de la formation et les dates de session.
- Transmettre le devis à son conseiller France Travail, qui vérifie la cohérence avec le PPAE et valide (ou non) le financement complémentaire via l’AIF.
- Attendre la validation écrite avant de s’inscrire. Un engagement financier pris avant l’accord de France Travail peut entraîner un refus de prise en charge.
Le délai entre le dépôt du dossier et la réponse varie selon les agences, mais on parle généralement de quelques semaines. Anticiper en s’y prenant au moins deux mois avant la rentrée universitaire évite les mauvaises surprises.
Rémunération pendant le DAEU : AREF, RFF et statut de stagiaire
Financer les frais de scolarité ne règle qu’une partie du problème. Il faut aussi vivre pendant la formation, qui dure en général une année universitaire complète.
Deux cas de figure principaux se présentent :
- Demandeur d’emploi indemnisé : on continue à percevoir l’ARE sous forme d’AREF (Allocation d’aide au retour à l’emploi formation) pendant toute la durée de la formation, à condition que celle-ci soit validée par France Travail.
- Demandeur d’emploi non indemnisé : la Rémunération de fin de formation (RFF) peut prendre le relais si les droits ARE sont épuisés avant la fin du DAEU. Dans certaines régions, le Conseil régional finance directement la rémunération et la couverture sociale des stagiaires non indemnisés.
- Salarié hors temps de travail : le DAEU est accessible, mais le financement passe alors par le plan de développement des compétences de l’entreprise ou par un CPF de transition professionnelle, pas par France Travail.
Le statut de stagiaire de la formation professionnelle, attribué automatiquement quand France Travail valide la formation, ouvre aussi droit à une protection sociale pendant toute la durée du cursus.
Conditions d’inscription au DAEU et pièges fréquents

Avant même de parler financement, il faut vérifier qu’on remplit les conditions d’accès au diplôme. Deux ans minimum d’interruption d’études sont requis, plus une condition d’âge : avoir au moins 20 ans au 1er octobre de l’année de l’examen, ou 24 ans sans autre condition.
Le piège le plus courant concerne les candidats de moins de 24 ans. Ils doivent justifier de deux ans d’activité ayant donné lieu à cotisation à la Sécurité sociale. Un jeune de 21 ans qui a travaillé un an puis s’est inscrit à France Travail ne remplit pas ce critère, même s’il a interrompu ses études depuis plus de deux ans.
DAEU option A ou option B : un choix qui conditionne la suite
Le DAEU A (littéraire et juridique) et le DAEU B (scientifique) n’ouvrent pas les mêmes portes. Choisir son option en fonction du projet post-DAEU évite de perdre une année. Un candidat qui vise des études paramédicales ou scientifiques a besoin du DAEU B, pas du A.
Les universités proposent des cours en journée, en soirée ou à distance. Le format à distance convient bien aux demandeurs d’emploi qui effectuent parallèlement des démarches de recherche, mais il demande une discipline personnelle plus importante.
Le coût varie selon les universités. Certaines régions, comme les Hauts-de-France, prennent en charge directement les frais pédagogiques via un programme régional dédié, ce qui simplifie le montage financier côté France Travail. Vérifier auprès de son Conseil régional avant de solliciter l’AIF peut faire gagner du temps et préserver son solde CPF pour une formation ultérieure.
Le DAEU reste l’un des rares dispositifs qui permettent de reprendre un parcours diplômant sans le bac, avec un financement quasi intégral pour les demandeurs d’emploi. La clé du dossier tient en trois points : un projet professionnel cohérent inscrit au PPAE, un devis universitaire transmis à temps, et la mobilisation du CPF avant toute demande d’AIF.